Rincontro

Projets artistiques:

Joseph Haydn - Trois grandes Quatuors d´opus 17-33-64

Trois quatuors agencés de façon à représenter un microcosme de l’œuvre de Haydn et la création d’un nouveau genre: un quatuor de jeunesse l'opus 17, l'opus 33 l’aboutissement d’un langage, ainsi qu’un un quatuor de maturité, l'opus 64, qui montre Haydn au sommet de son art.

Avec l'opus 17, nous observons déjà avec sa grande créativité mélodique, l'émergence du quatuor à cordes, tant dans la forme que dans l'esprit. Par exemple dans l'unification des mouvements en faisant du thème initial le germe des thèmes suivants et des développements. Il restera fidèle toute sa vie à ce principe du thème unique. Ça sera le fondement de nombre des plus grands mouvements de ses symphonies et de ses quatuors. Aussi, le nouveau traitement des mouvements finals qui représente une sorte de contrepoids au premier mouvement en y maintenant la tension de l'œuvre jusqu'à son dénouement, puisque jusque là, la tradition dans laquelle il grandit était celle de derniers mouvements courts, enlevés, extrêmement légers.

Vers la fin de 1781, Haydn annonce la sortie de six tout nouveaux "a quadro…écrits dans une manière nouvelle et particulière". C'est dans les années qui ont immédiatement suivi l'apparition des quatuors de l'opus 33, que le quatuor à cordes en tant que tel, devait enfin être universellement reconnu comme moyen d'expression et comme genre de composition à part entière. L'architecture des mouvements, le traitement du matériau thématique à l'intérieur de chaque mouvement, la façon d'utiliser les instruments coule ici de source, avec naturel. Et il est un personnage sur qui ils eurent l'effet d'un catalyseur: Mozart, qui se mit immédiatement à son tour à composer des quatuors à cordes.

Rien d'aussi inattendu, ni d'aussi exploratoire ne nous sera offert par les rayonnants quatuors de l'opus 64. Ils furent écrits vers 1790 pour Johann Tost, un violoniste de l'orchestre du prince Esterhazy. "L'alouette" est probablement l'un de ses quatuors les plus connus. Il fut baptisé ainsi en raison de la superbe trouvaille mélodique du premier mouvement, chantante et aérienne qui plane dans le registre aigu du violon, rappelant le vol de l'alouette dans les cieux. Le succès rencontré par ce chef-d'oeuvre fut incontestable.

Haydn n’a pas fait que créer le quatuor moderne, il l’a développé jusqu’à un niveau qu’aucun contemporain n’a pu atteindre. Il poussera ce genre musical à un degré d’achèvement total.

La musique par et pour les musiciens – TRIOS
« une soirée chez le Prince Esterhazy »

!Disque est paru en juin 2008 chez label Alpha!

Lorsque Joseph Haydn fut engagé à la cour du Prince Esterhazy comme vice-maître de chapelle et compositeur, son contrat stipulait qu'il devait composer régulièrement des pièces pour le « baryton ». Le baryton était un instrument à cordes, qui dans sa construction ressemblait à la viole de gambe et à la viole d'amour. Il possédait, sous le manche, plusieurs cordes en métal, qui vibraient par sympathie et produisaient un son angélique. Ces cordes, on pouvait également les pincer et ainsi d'une certaine façon s'accompagner.
Le Prince Esterhazy jouait lui-même du baryton. Puisque les trios de Haydn furent composés pour lui, on peut supposer qu'ils furent également joué par lui et par les musiciens les plus renommés de son orchestre: plus que probablement au baryton Esterhazy, Haydn ou Luigi Tomasini à l'alto ou au violon, au violoncelle le virtuose Anton Kraft. Il existe plus d'une centaine de trios pour baryton, alto et basse. Cependant, du vivant de Haydn ils ne furent pratiquement pas diffusés dans la formation originale; ils furent plutôt joué dans la formation flûte, alto, violocelle ou violon, alto, violoncelle ou contrebasse.
C'est ce qui a incité l'ensemble Rincontro à jouer dans la formation violon, alto, violoncelle ces pièces exceptionnelles et très affirmées, que Haydn a beaucoup utilisées plus tard dans ses compositions pour quatuor à cordes. Le concert a pour but d'interpréter des pièces qui font plaisir aux musiciens eux-mêmes, ce qui était le cas du temps de Haydn à la cour du Prince Esterhazy.

Quartetti fugati

Reconstitution d’un concert privé à la cour de Joseph II
« Excursion dans la Vienne des années 1780 »

L’empereur d’Autriche Joseph II (1741-1790) était l'un des plus grands réformateurs du Siècle des Lumières. Il accorda la liberté de culte à toutes les confessions chrétiennes
non-catholiques et limita le pouvoir de l’église catholique, en faisant fermer de nombreux monastères et en soumettant la formation des prêtres au contrôle de l’état. Il fit édifier des écoles et des hopitaux et abolit le servage. D’autre part il aimait la forme de la fugue et était
lui-même actif dans les productions de musique de chambre. Un genre musical, qui paraissait à l’époque un peu passé de mode. Cette préférence qui était la sienne trouve certainement un reflet dans la production musicale viennoise.
On constate que peu à peu de nombreux quatuors nouvellement composés ont un mouvement en forme de fugue. Le catalogue de la bibliothèque de la cour reçut même des classifications spécifiques pour les “quartetti fugati” et les “quintetti fugati”. Ceci éveilla également l’intérêt pour d’autres musiques “anciennes”.
Ce n’est pas un hasard si G.B. Van Swieten, celui-là même qui montra l’oeuvre du vieux J.S. Bach et de G.F. Haendel à Mozart était préfet de la bibliothèque de la cour de Vienne.

Ceci eût comme conséquence que des compositeurs comme Haydn et Mozart écrivirent des fugues en arrangeant des oeuvres anciennes ou en en composant de nouvelles. Même l'opus 20 de Haydn contient trois mouvements en forme de fugue. La fugue est une composition dans laquelle toute les voix sont absolument équivalentes: donc un idéal que le quatuor à cordes recherche en permanence. Elle représente également une sorte de démocratisation des différentes voix, idée qui était véhiculée par les cercles littéraires et philosophiques de l'époque.

L'ensemble Rincontro tente de reconstituer une soirée musicale privée dans le cercle
du Baron van Swieten.

Programme:

J.G. Albrechtsberger
W.A. Mozart/J.S. BAch
J. Haydn, Quatuor de l'opus 20

Le quatuor à Vienne: 
autour des musiciens, autour de Haydn

« il frutto di una lunga e laboriosa fatica » W.A. Mozart

G.M.G. Cambini était membre d'un des premiers quatuors à cordes de l'histoire, dont faisaient également partie des musiciens de renom tels que F. Manfredi, P. Nardini et L. Boccherini. A cette époque et contrairement à notre époque, l'ensemble fixe était tout à fait atypique. Cependant, la naissance progressive et le raffinement artistique du genre du quatuor à cordes eût comme conséquence qu'il sembla vite quasi impossible de jouer un quatuor à cordes sans « étudier les quatuors et apprendre à les exécuter », comme Cambini le dit lui-même dans un interview pour le Allgemeine Musikalische Zeitung en 1803.
C'est pour cela que les musiciens se sont peu à peu réunis pour travailler, discuter et bien sûr jouer pour d'autres musiciens. De cette façon les musiciens purent exprimer leurs pensées intimes et « nues » et, bien sûr, construire des liens musicaux plus stables. Après la naissance des extraordinaires quatuors à cordes de l'opus 33 de Haydn (« Gli Scherzi » -sur un mode entièrement nouveau et particulier » J. Haydn), qui représentent tant au point de vue de la composition que du point de vue artistique un idéal quasi inaccessible, il n'est donc pas étonnant que pratiquement tous les musiciens et compositeurs dédièrent leurs quatuors à cordes à Joseph Haydn.

L'ensemble Rincontro veut tenter de reconstituer le programme d'une soirée qui se serait déroulée au début des années 1780 dans les cercles musicaux viennois.

 

 

Prochain concert:

Le Havre

Musée André Malraux
15. Mai, 20:30
Programme:
Quartetti Fugati,
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